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Recherche et Traductions— Iwan Wmffre
Liste chronologique

THÈMES DE RECHERCHE

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LA LINGUISTIQUE

DYNAMIC LINGUISTICS

2013a Dynamic Linguistics: Labov, Martinet, Jakobson and other Precursors of the Dynamic Approach to Language Description (‘La linguistique dynamique : Labov, Martinet, Jakobson et d’autres précurseurs de l’approche dynamique de la description des langues’), Bern – Berlin – Bruxelles – Frankfurt-am-Main – New York – Oxford – Wien: Peter Lang (xxvi + 589 pp) ISBN 978-3-0343-1705-4 (£65/€81)

L’analyse du langage en tant que combinaison de deux composantes, une structurale et une lexicale, néglige un troisième aspect incontournable: la dynamique. Le livre Dynamic Linguistics (‘La linguistique dynamique’) aborde la description de ce phénomène complexe qui est le langage humain en se concentrant sur cet aspect important, mais trop souvent négligé, du langage.

Ce livre trace la prise en compte tardive de l’importance de la synchronie dynamique en linguistique au XXe siècle et traite en priorité deux autres concepts-clés: la communauté linguistique et de la structure de la langue. En raison de leur rôle fondamental dans le développement d’une approche dynamique à la linguistique, les trois linguistes William Labov, André Martinet et Roman Jakobson sont mis en avant, en particulier Martinet chez qui – dans ses écrits ultérieurs, négligés dans le monde anglo-saxon – on trouve la plus grande reconnaissance de la dynamique du langage à ce jour. Un effort soutenu est également fait pour tracer les précurseurs, entre le XIXe siècle et les années 1970, qui ont fourni l’inspiration pour ces trois chercheurs dans le développement d’une approche dynamique de l’analyse et de la description linguistique.

L’approche dynamique de la linguistique est destinée à aider et à consolider l’entendement des structuralistes fonctionnels, des géolinguistes, des sociolinguistes et de toute autre linguiste d’esprit empirique dans un cadre théorique plus large ainsi que de jouer un rôle dans l’inversion du formalisme excessif d’un cadre structuraliste simpliste qui a dominé – et continue de dominer – la description linguistique jusqu’au présent.

Compte-rendus & répliques

2014 Deli Lara Peña sur le site LinguistList.

2015 Doug Trick sur SIL Electronic Book Reviews 2015-001.

Depuis sa parution en 2013, je travaille sur une deuxième édition améliorée (qui sera publiée en français puis en anglais).

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LA PHONETIQUE ET LA DIALECTOLOGIE DU GALLOIS

A DYNAMIC DESCRIPTION OF LAMPETER WELSH

à paraître A Dynamic Description of Lampeter Welsh: The Traditional Language (‘Une Description dynamique du gallois de Lampeter: La Langue traditionnel’) qui sera publié par Catamanus (1,500+ pp).

Le but de ce travail est de fournir une description complète des ressources phonologiques, grammaticales et syntaxiques du gallois traditionnel parlé à Lampeter (comté du Cardiganshire) et dans l’arrière-pays environnant. Ceci est une zone géographiquement située au centre des pays de langue galloise du sud du Pays de Galles et constitue l’extension la plus septentrionale de nombreux traits généralement considérés comme le gallois méridional. La zone se situe à l’ouest de la vaste étendue de montagnes sans arbres qui constituent l’épine dorsale montagneuse de Galles et qui, dans une certaine mesure, l’a protégée des influences anglaises.

Non seulement la description traitera les principales caractéristiques du gallois de cette zone, mais sera également mis en évidence la variation (de registre, de dialecte, de tranche d’âge) dans le parler local et une tentative d’évaluer le contexte de ces variations à l’intérieur d’un tout. La variation phonologique, grammaticale et syntaxique sera analysée en fonction de l’âge, la provenance géographique et l’influence littéraire.

Cette étude est – selon nos connaissances – la première étude dynamique d’un dialecte gallois. Il sera démontré qu’il n’y a pas un seul système en soi dans le gallois de Lampeter, mais une multitude de systèmes linguistiques existant côte-à-côte par différents niveaux de la langue, perpétuellement engagé dans une « lutte » pour systématiser le parler de cette zone. Les contours dynamiques du gallois de Lampeter sont étudiés afin d’établir quelles formes sont décroissantes (angl. recessive) et lesquelles sont croissantes (angl. expansive). Les données linguistiques, basées sur des exemples réels de parole, sont analysées d’une manière fonctionnaliste, et un grand soin est pris à séparer des formes représentatives de la langue littéraire standard des formes représentant la langue parlée et familière.

En outre, un chapitre est réservé à l’anglais des galloisants natifs de Lampeter ainsi qu’un autre pour les dialectes gallois apparentés, parlés à l’est des montagnes dans les comtés du Breconshire et Radnorshire.

c.r. WELSH PHONETICS (2001)

2007f Compte-rendu de Martin J. Ball & Briony Williams (2001) Welsh Phonetics, Lewiston, NY – Queenston, Ontario – Lampeter, Wales: Edwin Mellen, in Zeitschrift für celtische Philologie tome 55 pp.301–07

pour lire le compte-rendu

c.r. THE PHONOLOGY OF WELSH (2007)

2014a Compte-rendu poussé de Stephen J. Hannahs (2007) The Phonology of Welsh, Oxford: Oxford University Press, in Journal of Celtic Linguistics tome 16 pp.119–39

OLD WELSH DIALECTAL VARIATIONS ...

2013c Old Welsh Dialectal Variations preserved in Toponymy (‘Variations dialectales du vieux-gallois conservées dans la toponymie’), Belfast: Appletree Press (33 pp) ISBN 978-1-84758-1518

En étudiant l’origine de la variation phonologique en gallois on tend à penser qu’il existait moins de variation dans les temps passés. On suppose, par exemple, que dou et dau – variantes du même mot signifiant ‘deux’ en gallois moderne – dérivent d’une seule forme, écrite dou en vieux-gallois, et que la distinction contemporaine entre le dou sudiste et le dau nordiste n’existait pas alors (ce qui d’ailleurs semble être vrai dans ce cas). On pourrait donc être excusé de supposer que la variation dialectale n’existait pas dans le vieux-gallois, mais il existe des pièces d’évidence qui nous amènent à penser que certaines variations dialectales semblent bien avoir existé en gallois dans le passé mais ont été perdues: variations qui ont survécues qu’en tant que fossiles dans quelques toponymes contemporains. Le but de cette petite opuscule est de discuter de certaines de ces anciennes variations dialectales et les noms de lieux dans lesquels ils ont été conservées.

THE QUALITIES AND THE ORIGINS OF THE WELSH VOWEL [ɨ]

2013b The Qualities and the Origins of the Welsh Vowel [ɨ] (‘Les qualités et les origines de la voyelle galloise [ɨ]’), Berlin: Curach Bhán (xx + 172 pp) ISBN 978-3-942002-12-7 (€25)

Le son [ɨ] (le <u> et le <y> du gallois littéraire) est le phone le plus compliqué à décrire et à expliquer en ce qui concerne la langue galloise. Cette œuvre tente de tracer l’incidence de ce son dans les dialectes gallois, la nature exacte de sa réalisation, et puis d’expliquer son développement historique, de ses précurseurs dans le brittonique à ses réflexes dans le gallois contemporain.

Carte originale montrant la distribution du [ɨ] (vert clair au nord) et du [i] (vert foncé au sud) pour le <u> gallois et le <y> gallois (en position finale).

LANGUAGE AND PLACE-NAMES IN WALES

2003a Language and Place-names in Wales: the Evidence of Toponymy in Cardiganshire (‘Langue et noms de lieux au Pays de Galles: L’évidence de la toponymie au Cardiganshire’), Cardiff: University of Wales Press (xii + 447 pp). ISBN 0-7083-1796-0 (£60)

Ce livre traite de l’évolution de la langue galloise de l’époque médiévale à nos jours et vient complémenter les livres Language and History in Early Britain (‘Langue et Histoire dans les premiers temps de la Grande-Bretagne) de K. H. Jackson (1953) et A Welsh Grammar (‘Une Grammaire galloise’) de J. Morris-Jones (1913), qui eux ne traitent point méthodiquement le développement du gallois après la période médiévale. Il a été accepté comme thèse d’un doctorat de l’Université du Pays de Galles (Swansea) en 1998 – les membres du jury étant le professeur Brynley Roberts de l’Université du Pays de Galles et le docteur Oliver Padel de l’Université de Cambridge.

Le but principal de ce travail était de tracer et d’expliquer – dans la mesure du possible – la finalité et les modalités du développement phonologique de la langue galloise depuis le XIIe siècle (et dans certains cas même avant. Puisque les noms de lieux sont ancrés à la fois dans le temps et l’espace, l’auteur estime qu’en mettant l’accent sur les noms de lieux plutôt que sur des textes littéraires on atteint une autre perspective – plus fiable – à partir de laquelle on peut tracer les évolutions phonétiques dans une langue. À tout le moins, l’étude des formes toponymiques offre une image plus équilibrée de l’évolution de la langue que le feraient des études qui dépendent uniquement de l’évidence littéraire. Néanmoins, l’évidence littéraire n’a pas été ignorée, et la synthèse de ces deux types d’évidence ne peut qu’enrichir notre entendement de la complexité et de la dynamique du développement du langage. Pour terminer, l’auteur discute de certaines conclusions quant à la relation des formes littéraires médiévales aux parlers gallois contemporains.

Pour ceux qui s’intéressent à l’histoire du Pays de Galles, le livre devrait se révéler utile, tout d’abord, pour les toponymistes qui tentent d’élucider d’obscurs noms de lieux dans d’autres régions du pays de Galles, et, d’autre part, pour toute personne qui tenterait de localiser la provenance de manuscrits autrement non attribués par le biais des caractéristiques internes des formes du gallois qu’ils renferment. Troisièmement, pour ceux qui sont intéressés dans les problèmes généraux concernant le développement du langage, le livre fournit du matériel facilement accessible à des fins comparatives. Et, enfin, pour les fins de l’exacte transcription des traits phonétiques du gallois dans l’API (l’alphabet phonétique international), les conventions différentes adoptées par les phonéticiens gallois du dernier siècle et demi sont discutées et comparées, à la suite duquel des améliorations à la transcription API du gallois sont suggérées.

Les conclusions de cet ouvrage sont principalement basées sur un corpus de 15,000 toponymes du Cardiganshire (Ceredigion) – qui couvre environ un dixième de la superficie du pays de Galles – avec des références extensives à l’évidence des noms de lieux d’autres parties du Pays de Galles. L’auteur a effectué un programme intensif de travail sur le terrain interviewant des informateurs locaux âgés ainsi qu’accumulant toute évidence portant sur les noms de lieux provenant de sources documentaires historiques.

Compte-rendus & répliques

G. R. Isaac 2004 (réplique à G. R. Isaac 2004)

P. Russell 2005 (réplique à P. Russell 2005)

addendums & rectificatifs

THE WELSH DIALECT SURVEY

2000. Alan R. Thomas (dir.) The Welsh Dialect Survey (‘L’Enquête sur les dialectes gallois’), Cardiff: University of Wales Press ISBN 0-7083-1617-4 (£40, out of print)

NOTE EXPLICATIVE: Je me dois de préciser que bien que le Survey of Welsh Dialect Phonology (SWDP) (SWDP, c.à.d. ‘L’Enquête sur la phonologie des dialectes gallois’), qui a mené à ce livre, était bien le projet du professeur Alan Thomas de la Section de linguistique de l’Université de Bangor, il est aussi un fait que j’y ai travaillé comme son bras droit du début à la fin comme enquêteur et éditeur et que j’étais en grande partie responsable pour une partie majeure de l’éditorial et des décisions concernant la transcription phonétique (toujours est-il que cela ne ressort pas d’une lecture de la publication même). Malgré cette omission, préjudiciable à mon égard, de parler de la portée de ma contribution – préjudiciable, car étant alors dans les balbutiements d’une carrière universitaire – j’appréciai toujours le caractère d’honnête homme d’Alan Thomas et de sa gestion du projet et je conserve des souvenirs de lui comme un ami autant que d’un directeur. Sa mort prématurée en 2005 signifia que les transcriptions de terrain originales furent égarées et par la suite perdues bien que des copies en triple furent faites. Heureusement un ensemble de bandes magnétiques a été conservé au Museum of Welsh Life de Saint Fagans près de Cardiff. (Malheureusement, les transcriptions, dont il y avait, à l’origine, trois exemplaires faits, sont toutes perdues !).

Le SWDP fut conçu dans les années 1970 par Alan Thomas, en tant que suivi de son premier grand ouvrage, le Linguistic Geography of Wales (LGW, ‘Géographie linguistique du Pays de Galles’) de 1973. Cet atlas dialectal avait mis l’accent sur la variation lexicale basée sur des questionnaires envoyés par poste et qui par conséquent ne put réunir des données avec la précision phonologique à laquelle les linguistes modernes s’étaient habitués. Conscient de l’insuffisance béant dans la connaissance phonétique / phonologique du gallois qui restait après la publication du LGW, Alan Thomas planifia une nouvelle enquête dialectale – la SWDP – qui serait menée par des dialectologues à temps plein. Et en fait un projet pour un atlas phonétique / phonologique des dialectes gallois avait été précédemment envisagé depuis le milieu des années 1950 par T. Arwyn Watkins, professeur de gallois à l’Université d’Aberystwyth, et avait résulté en une poignée d’articles de la plume de Watkins: ‘Linguistic atlas of Welsh’ (‘Atlas linguistique du gallois’) (1955), ‘Background to the Welsh dialect survey’ (‘L’historique de l’enquête des dialectes gallois’) (1962) et ‘Dialectology’ (‘Dialectologie’) (1963). Dans les années 1950, Watkins était un des maître de conférences d’Alan Thomas à Aberystwyth et dirigea la recherche de maîtrise de ce dernier sur le dialecte de Crai (comté du Breconshire) on peut donc voir que les visées du SWDP avaient été évoquées sous une forme ou une autre au sein de l’Université du Pays de Galles pendant plus de 35 ans avant que la Commission d’études celtiques (le Board of Celtic Studies) de cette université distribua de l’argent pour permettre au projet d’être mis en place.

L’Enquête sur la phonologie des dialectes gallois (le SWDP) devint actif en 1991 et continua jusqu’en 1997. Les deux chercheurs employés – Esther Rees et moi-même – furent dirigés par le sous-comité de dialectologie galloise de la Commission d’études celtiques sous Alan Thomas, un sous-comité qui comprenait aussi d’autres professeurs de gallois de l’Université du Pays de Galles portant un intérêt à la dialectologie: David Thorne (Lampeter), Robert Owen Jones (Swansea), Peter Wynn Thomas et Glyn E. Jones (tous deux de Cardiff). Après une courte période de préparation, les chercheurs furent rapidement envoyés interviewer et enregistrer un questionnaire comportant 726 éléments sur 117 localités réparties assez uniformément dans tout le Pays de Galles galloisant (Libanus, une localité située sur la frontière linguistique près de Brecon, aurait également été incluse, mais l’informateur, Brychan Williams, est mort avant ma troisième visite et des enquêtes ultérieures ne révélèrent aucun autre locuteur natif local du gallois dans cette localité).

Les éléments recherchés étaient le plus souvent des mots individuels disposés selon des critères phonologiques tels que les voyelles, les consonnes, les groupes consonantiques, la provection, les mutations, etc. Les critères phonologiques réapparurent dans un certain nombre d’éléments et le nombre et le choix de ces éléments permettent aux linguistes de discerner les systèmes phonologiques de base de 117 variantes géographiquement distinctes du gallois. Les informateurs étaient tous locaux et nés entre 1900 et 1938 (pour la plupart entre 1910 et 1930):

  • 1900–09 20 informateurs
  • 1910–19 47 informateurs
  • 1920–29 42 informateurs
  • 1930–39 8 informateurs

Les enregistrements originaux sur cassettes utilisés pour les transcriptions du questionnaire furent accompagnés pour chaque localité d’une cassette supplémentaire d’une heure ou plus d’une conversation familière avec les informateurs. Un questionnaire morphologique fut également réalisé dans 26 localités, uniformément, quoique plus faiblement, reparties dans les zones de langue galloise. Inédit, il n’a pas été considéré comme faisant partie de la mission du SWDP; néanmoins, ce questionnaire morphologique fut réalisé avec l’arrière-pensée qu’une telle occasion de recueillir des données comparables sur la morphologie des variantes dialectales du gallois pourrait ne pas se présenter à nouveau. (Une copie de ces enregistrements se trouve parmi les autres cassettes à Saint Fagans, mais les transcriptions que je fis ont été perdues tout comme ceux du questionnaire principal).

La majeure partie de l’enquête sur le terrain fut réalisée entre fin 1991 et 1994. Les transcriptions des données et la préparation du texte publié occupèrent la plupart de la période de 1995 à 1997, avec quelques enquêtes de terrain de plus, qui furent achevés ou revues dans cette période. La base de données de l’ordinateur utilisé pour le SWDP fut conçue par Cathair Ó Dochartaigh, basé alors à Bangor, était globalement semblable à celle utilisé par lui dans l’édition des cinq tomes du Survey of the Gaelic Dialects of Scotland (SGDS, ‘L’Enquête sur les dialectes gaéliques d’Écosse’) entre 1994–1997. Alan Thomas avait l’intention de mener des enquêtes quantitatives des données phonologiques entrées dans la base de données le long des lignes décrites dans sa publication, l'Areal Analysis of Dialect Data by Computer: a Welsh Example (‘L’analyse spatiale de données dialectales : Un exemple gallois’) de 1980. L’apparition chez lui d’une démence quelques années auparavant força Ó Dochartaigh à se retirer de l’Université de Glasgow, en 2004, quelques années avant sa mort de sorte que les fichiers de la base de données d’origine du SWDP devinrent inutilisables. Une classification phonologique utile des éléments du WDS selon le contexte positionnel me fut commandée par Alan Thomas, mais il ne put jamais faire usage de celui-ci à cause de sa mort prématurée. J’ai pensé qu’il serait bien de fournir cette classification phonologique pour tous ceux qui pourraient vouloir faire usage de celui-ci par le biais d’un lien sur ce site (voir ci-dessous).

Je fus employé par le SWDP pendant la plus grande partie de la période située entre 1991 et 1997 (sauf pour une période à la fin 1993 pendant laquelle je recueillis à Pontardawe des données pour une enquête sociolinguistique sur le gallois, faisant partie d’un projet initié par Mari C. Jones pour le Centre for Advanced Welsh et Celtic Studies d’Aberystwyth qui reste inédit et sans doute inachevé). Pour ce qui est de la collecte de données pour le SWDP, je fus responsable pour tout le centre du Pays de Galles, de Saint Davids à Brecon, de Barmouth à Flintshire et de Llanelli à Llanelian-yn-rhos près de Llandudno. Esther Rees étant responsable pour les zones restantes, mais j’effectuai également quelques révisions en Anglesey, Caernarfonshire et Glamorganshire (où je recueillis les données pour Glynogwr).

classification phonologique des éléments du WDS

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LA PHONETIQUE ET LA DIALECTOLOGIE DU BRETON ET DU CORNIQUE

BRETON ORTHOGRAPHIES AND DIALECTS

2007a Breton Orthographies and Dialects: the Twentieth-century Orthography War in Brittany (‘Orthographes et dialectes bretons: La Guerre de l’orthographe du XXe siècle en Bretagne’), tomes 1–2, Bern – Berlin – Bruxelles – Frankfurt-am-Main – New York – Oxford – Wien: Peter Lang (Series: Contemporary Studies in Descriptive Linguistics) (xxviii + 782 pp) tome 1 ISBN 978-3-03911-364-4 & tome 2 978-3-03911-365-1

(Ici on peut voir une conception ‘nulle’ de couverture de la maison d’édition Peter Lang qui adhéra à l’uniformité de leur série thématique face à ma propre conception d’une couverture attrayante.)

Cette œuvre tente de retracer le développement des conventions orthographiques de la langue bretonne et de narrer et décrire la guerre orthographique concernant cette langue au XXe siècle. En effet, depuis le XIXe siècle, il y a eu un effort continu pour trouver une orthographe satisfaisante pour cette langue. Les débats sérieux soulevés par ces aspirations à l’unité et à l’esthétique orthographique ont résulté en des débats appliqués qui ont souvent polarisé des groupes d’écrivains entre « laxistes » et normativistes. Ce débat a atteint un nouveau paroxysme quand un groupe d’éminents nationalistes politiques se sont alliés aux autorités allemandes d’occupation et ont tenté, en 1941, de forcer une orthographe particulière – communément appelée l’orthographe peurunvan (‘complètement unifiée’) ou le ZH – comme langue officielle d’un état satellite projeté par le Troisième Reich. Le basculement des fortunes de la guerre a rapidement tourné les tables et ceux qui avaient soutenu l’orthographe ZH furent contraints de se terrer après 1944 en raison de l’impopularité de leurs choix politiques pendant la guerre. En raison de ces activités, le mouvement pour la langue bretonne d’après-guerre fut déchiré par un conflit acerbe qui s’aggrava après qu’une nouvelle orthographe – connue sous le nom de l’orthographe universitaire ou le H – fut lancée par un professeur d’université en 1955. Une « guerre » orthographique développée entre les deux côtés envenima la vie culturelle bretonne jusqu’à ce que, finalement, l’impasse pour un accord entre tous fût adressée dans des discussions sur les orthographiques tenues entre 1971 et 1975. Ces pourparlers ne se révélèrent pas concluants, sauf pour l’apparition d’une nouvelle orthographe de plus – connu sous le nom d’orthographe interdialectale ou le SS. L’échec obtenu des tentatives de trouver une solution satisfaisante pour les conventions orthographiques bretonnes dans les années 1970 signifie qu’il existe, à l’heure actuelle, trois orthographes dites « standard », chacune avec ses grammaires et ses dictionnaires, sans oublier les diversités de normes de la tradition écrite régionale vannetaise.

En plus de donner un contexte historique à ce débat et de tracer son évolution dans un ordre chronologique, le but de cet ouvrage est d’expliquer les différences techniques derrière chaque convention orthographique ainsi que les motifs idéologiques et des raisons politiques derrière l’adoption de chaque orthographe dite « standard ».

L’échec pour établir une orthographe standard pour le breton au cours du XXe siècle reflète autant un échec des Bretons pour se mettre d’accord sur le plan politique autant qu’à des difficultés inhérentes causées par la diversité dialectale et aussi par une faible tradition littéraire. En conséquence, ce livre devrait intéresser les historiens politiques et les linguistes non fixés sur la Bretagne en tant qu’exemple général des difficultés rencontrées dans la construction d’une identité nationale qui jouit d’un consensus général.

Compte-rendus & répliques

2012 Bohumil Vykypěl in Linguistica Brunensia tome 60 pp.291–94

2009 Albert Bock in Keltische Forschungen tome 4 pp.269–75

2009 Herve Bihan in Hor Yezh tome 257 pp.44–45

2008 Kevin J. Rottet in Journal of Celtic Language Learning tome 13 pp.104–10 (aussi in 2008 Bro Nevez tome 108 pp.19–21)

CENTRAL BRETON

1998b (rep. 1999b) Central Breton (‘Le breton central’), München: Lincom Europa (63 pp). ISBN 3-8958-6121-9 (€33)

La langue bretonne, parlée en France, est – aux côtés du cornique et du gallois – un aboutissement de l’ancienne langue brittonique de la Grande-Bretagne romaine. Comme les linguistes celtiques sont surtout – par la nature des choses – des locuteurs de l’anglais, l’étude du breton a tout naturellement été quelque peu négligée dans les œuvres de langue anglaise. Le breton partage de nombreux traits communs aux autres langues néo-celtiques, mais il est d’un intérêt particulier pour le linguiste général, car il est la seule langue celtique qui a évolué complètement au-delà de l’ombre de l’influence de la langue anglaise.

Au cours des siècles la domination du français, langue d’état depuis l’époque médiévale, a constamment rongé l’emprise du breton sur les échelons les plus élevés de la société. Ce processus a accentué de façon spectaculaire avec la cessation générale de la transmission du breton aux jeunes générations dans la période qui a immédiatement suivi la guerre de 1939–1945, avec comme résultat qu’actuellement le breton souffre d’une baisse exponentielle terminale en tant que langue véhiculaire d’une société homogène. Son déclin comme langue parlée doit être la plus spectaculaire qu’a vu l’Europe occidentale au cours du XXe siècle.

L’auteur, locuteur bretonnant de naissance, donne une description du breton parlé de la Basse-Bretagne centrale, qui est – paradoxalement – l’un des plus représentatifs des dialectes bretons, mais aussi l’un des dialectes les plus négligés des œuvres littéraires et savantes. L’étude contient des chapitres sur la phonologie, la morphologie et la syntaxe, ainsi qu’un texte avec traduction interlinéaire.

addendums & rectificatifs

LATE CORNISH

1998a (rep. 1999a) Late Cornish (‘Le cornique tardif’), München: Lincom Europa (73 pp). ISBN 3-8958-6122-7 (€33)

La langue cornique, parlée dans le sud-ouest de la Grande-Bretagne jusqu’au XVIIIe siècle, était – aux côtés du breton et du gallois – un aboutissement de l’ancienne langue brittonique de la Grande-Bretagne. Le cornique n’a jamais été aussi numériquement important que les deux autres langues, de sorte que sa négligence par les linguistes celtiques est compréhensible; cependant, de par sa position, immédiatement entre la Bretagne et Pays de Galles, il est particulièrement intéressant du point de vue du développement dialectal de l’ancien brittonique.

Depuis l’époque médiévale la domination de l’anglais, langue d’état, a rongé l’emprise de la langue cornique sur les échelons supérieurs de la société, et a conduit au début du XVIIIe siècle, à sa disparition en tant que langue véhiculaire d’une société homogène. Au XXe siècle, cette langue a suscité beaucoup d’intérêt, un intérêt qui a conduit à une renaissance de la langue en tant que moyen de communication oral parmi des ressuscitants passionnés, bien que la relation précise du cornique ressuscité du XXe siècle avec les formes antérieures de cette langue demeure un sujet contestable.

L’auteur, qui est à la fois bretonnant et galloisant de naissance, donne une description du cornique parlé des XVIIe et XVIIIe siècles. Péremptoirement condamnée par de trop nombreux chercheurs comme un stade dégénéré de l’histoire de cette langue, c’est aussi la période qui nous a laissé la grande majorité du matériel ecorrigendumn prose de cette même langue. L’étude contient des chapitres sur la phonologie, la morphologie et la syntaxe, ainsi que des textes avec traduction interlinéaire.

addendums & rectificatifs

THE EVOLUTION OF WELSH- AND CORNISH-ENGLISH ...

2003b ‘The evolution of Welsh- and Cornish-English phonology in the Early Modern Period’ (‘L’évolution de la phonologie anglo-galloise et -cornique au début de l’ère moderne’) in Hildegard L. C. Tristram (dir.), Celtic Englishes III, Heidelberg: Carl Winter, pp.240-59.

Cet article traite des traits phonologiques de l’anglais parlé au Pays de Galles et en Cornouailles qui peuvent être attribués spécifiquement au gallois et au cornique (pour plus de commodité, dorénavant appelé l’« anglais celtique »). Il aborde le sujet en examinant les traits phonologiques dans l’anglais contemporain du Pays de Galles et de Cornouailles qui peuvent être considérés comme faisant déviation du courant contemporain de l’anglais. Référence est faite à de l’évidence datant du XVIe siècle qui peut se révéler instructive quant à la manière dont l’anglais a été repris par les locuteurs de langues celtiques. Une autre source d’évidence utilisée sont mes propres observations sur les changements en cours dans les phonologies contemporaines de l’anglo-gallois et l’anglo-cornique (y compris les preuves analogiques du français-breton).

Nous espérons que l’article réussira à démontrer que:

  • l’anglais celtique d’une époque n’est pas identique à l’anglais celtique de l’ère suivante.
  • de nombreux traits phonologiques propres à l’anglais celtique ne sont pas attribuables de façon exclusive à des origines purement celtiques ni purement anglaises.
  • certains traits phonologiques ne sont ni attribuables à la langue celtique originale ni à l’anglais envahissant, mais à une interaction entre deux systèmes phonologiques qui sont entrés en contact l’un avec l’autre.
  • les traits phonologiques caractéristiques de l’anglais celtique ont une origine mixte (c'est-à-dire que dans certains cas, ils peuvent être attribués à la préservation d’une prononciation anglaise archaïque, ou dans d’autres à une valeur phonologique celtique sous-jacente).

pour lire l'article

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LA PHONETIQUE ET LA DIALECTOLOGIE DE L’IRLANDAIS

A PRACTICAL PHONETIC DESCRIPTION OF ULSTER IRISH GAELIC

à paraîtreA Practical Phonetic Description of Ulster Irish Gaelic ('Une Description phonétique pratique du gaélique irlandais d’Ulster), à paraître chez Catamanus (500+ pp).

L’objectif de cette œuvre est d’aider les apprenants, les étrangers et les enseignants du gaélique irlandais en leur fournissant une description de la prononciation contemporaine de locuteurs de l’extrémité nord-ouest du comté du Donegal. Plus précisément, la zone en question est celle située entre les villes d’An Fál Carrach (Falcarragh) et d’An Clochán Liath (Dungloe) sur la grande terre, ainsi que sur l’île de Toraigh (Tory), un district qui a récemment adoptée le nom Na Trí Pharáiste (‘Les Trois Paroisses’) (TP en abrégé). Ceci constitue la plus grande zone restante dans le comté de Donegal – et même dans le nord de l’Irlande – où le gaélique conserve sa vitalité, étant encore aujourd’hui la langue de tous les jours pour tous les âges.

Le gaélique de cette région est particulièrement intéressant pour un certain nombre de raisons:

  • c’est un gaélique dont le caractère se situe exactement à mi-chemin entre le gaélique du Connemara et les dialectes gaéliques d’Écosse, et dont les traits, le plus souvent, sont tout aussi susceptibles de ressembler au gaélique écossais qu’à ceux des dialectes gaéliques irlandais situés plus au sud;
  • la prononciation de cette version de la langue irlandaise constitue le deuxième groupement du plus grand nombre de locuteurs natifs contemporains après celui du comté de Galway et est aujourd’hui la variété indigène la plus importante du gaélique d’Ulster que l’on peut entendre sur les médias audiovisuels;
  • bien que limité, le district de Na Trí Pharáiste contient en lui des terroirs distincts avec leurs propres particularités dialectales constituant des différences linguistiques bien réelles et convenablement perçues par ses locuteurs natifs, mais qui en même temps montrent des signes croissants de l’interperméation non seulement entre les « sous-dialectes » de ses terroirs, mais aussi l’empiètement croissant de la version régionale de l’anglais courant au nord de l’Irlande en son sein;
  • il existe des preuves de changements phonétiques importants entre les générations au sein du gaélique de Na Trí Pharáiste, non seulement en raison de l’interférence de l’anglais, mais aussi en raison des évolutions des paramètres phonologiques indigènes;
  • en vue de ses inventaires de consonnes et de voyelles particulièrement foisonnants, le gaélique varié et changeant de Na Trí Pharáiste constitue un cas idéal de ‘dialecte’ qui peut nous montrer comment le principe directeur des structuralistes orthodoxes d’établir un inventaire phonémique sur des bases objectives qui ferait unanimité est une entreprise illusoire qui ne rejoint pas la réalité d’une langue en tant que phénomène parlé et vécu par ses locuteurs;
  • malgré les nombreuses études de dialectes gaéliques du Donegal depuis l’étude pionnière de Quiggin datant de 1906, aucune enquête phonétique / phonologique n’a enquêté sur le noyau gaélique du Donegal, à savoir le terroir dominant semi-urbanisé de Gaoth Dobhair (Gweedore). La conséquence de ce manque est que la plupart des nombreuses descriptions publiées sur le gaélique du Donegal sont des descriptions de dialectes périphériques et d’une génération qui ne sont plus représentative de la langue comme elle s’entend communément, laissant les étrangers – pas moins moi-même – sans aucun ouvrage de référence utile concernant la façon de prononcer cette variété du gaélique.

Derrière le Irish of Iorras Aithneach, Co. Galway de Brian Ó Curnáin (2007), cette étude constitue la deuxième description dynamique d’un dialecte gaélique irlandais (même si elle ne vise pas à être aussi étendue que la première, se limitant à la phonétique et aux aspects phonologiques de la langue). Il sera démontré qu’il n’y a pas un seul système en soi dans le gaélique de Na Trí Pharáiste, mais une multitude de systèmes linguistiques existant côte-à-côte sur différents niveaux de la langue, perpétuellement engagés dans une « lutte » pour systématiser le parler de cette zone. Les contours dynamiques du gaélique de Na Trí Pharáiste sont étudiés afin d’établir quelles formes sont décroissantes et lequelles sont croissantes. Les données linguistiques sont basées sur des exemples réels de la parole analysés d’une manière fonctionnaliste, et un grand soin est pris pour séparer les formes représentatives de la langue familière des formes représentatives de la langue littéraire standard.

Ce travail est susceptible d’être important dans l’avancement de la théorie phonologique en prouvant la supériorité d’une compréhension dynamique des systèmes phonologiques en jeu à un inventaire phonémique structuraliste qui retient son rang de cadre conceptuel dominant pour analyser les sons du langage chez la plupart des linguistes. Les résultats préliminaires suggèrent que le gaélique traditionnel contemporain de Na Trí Pharáiste, tel qu’il est parlé, peut fournir de nombreuses preuves, en termes objectifs, que la compilation d’un inventaire phonémique cloisonnée située dans un seul « système » linguistique est trompeuse pour ce qui est de la représentation de la réalité d’une langue parlée.

c.r. THE IRISH OF IORRAS AITHNEACH (2007)

2012 Compte-rendu poussé de Brian Ó Curnáin (2007) The Irish of Iorras Aithneach, County Galway, Dublin: Dublin Institute of Advanced Studies, in Journal of Celtic Linguistics tome 14 pp.130–51

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LA TOPONYMIE ET L’ONOMASTIQUE GALLOISE

THE PLACE-NAMES OF CARDIGANSHIRE

2004a The Place-names of Cardiganshire (‘Les Noms de lieux du Cardiganshire’), Oxford: Archaeopress (cxxx + 1397 pp.) ISBN 1-8417-1665-0 (£105)

Cette œuvre constitue un corpus de 15,000 de noms de lieux de Cardiganshire (Ceredigion), qui couvre environ un dixième de la superficie du pays de Galles, et qui a été recueilli sur une période de quinze ans. La recherche fut soumise dans le cadre d’un doctorat présenté à l’Université du Pays de Galles en 1998 (Swansea) – les membres du jury étant le professeur Brynley Roberts de l’Université de Galles et le docteur Oliver Padel de l’Université de Cambridge. Il comprend 1,533 pages (incluant une introduction de 130 pages et une bibliographie suivie d’un corpus de 1,403 pages).

L’auteur a effectué un programme intensif d’enquêtes sur le terrain interviewant des informateurs locaux âgés ainsi que recueillant toute évidence documentaire dans les archives historiques concernant les noms de lieux. Le corpus est présenté comme dictionnaire topographique, avec la grande majorité des entrées placées sous la paroisse civile pertinente (les exceptions étant les rivières et les étendues de terres qui englobent plus d’une paroisse). Chaque entrée est suivie par :

  • une référence du quadrillage kilométrique de l’Ordnance Survey (c.à.d. l’agence cartographique officiel britannique)
  • une analyse lexicale du toponyme
  • des transcriptions en API de la prononciation locale (si possible)
  • des formes historiques
  • une discussion sur la signification du nom de lieu (quand cela se révèle utile)

Bien que le Place-names of Cardiganshire (‘Les Noms de lieux du Cardiganshire’) (PNCards) est à peu près comparable au Place-names of Pembrokeshire (‘Les Noms de lieux du Pembrokeshire’) (1992) de B. G. Charles, publié par le National Library of Wales, le PNCards est plus moderne dans sa présentation comme dans son contenu. Une différence fondamentale entre les deux livres est que le PNCards donne des informations détaillées quant à l’emplacement ainsi que prononciations locales – deux pièces d’information très importantes pour toute personne intéressée pour expliquer les noms de lieux obscurs.

Outre les références riches et utiles dans de nombreux domaines que l’on attend d’une œuvre toponymique, le PNCards est résolument moderne dans l’œuvre toponymique du Pays de Galles du fait qu’elle apporte de nouvelles emphases et de nouvelles techniques. Il s’ensuit qu’elle présente de nouvelles méthodes pour analyser les noms de lieux, les méthodes qui y sont incluses – soit en partie ou de manière exhaustive – dans un certain nombre de livres sur les noms de lieux publiés dans les quelques dernières années, par exemple, A. Watson & E. Allen (1984) et R. A. V. Cox (1987) en Ecosse; S. Ó Catháin (1966, 1975) et B. Ó Ciobháin (1985) en Irlande; M. Madeg (1990–1997) en Bretagne; et G. Broderick (1994–1995) dans l’Ile de Man. En général, la méthode moderne est un progrès sur les styles « traditionnels » de la recherche toponymique puisque l’approche « traditionnelle » a eu tendance à étudier les toponymes seulement d’un point de vue philologique en ignorant les avantages évidents d’une étude de la toponymie du point de vue de la géographie, l’histoire et de la linguistique elle-même. À l’heure actuelle [écrit en 2004], en ce qui concerne la toponymie, le Pays de Galles est à la traîne, même s’il y a des signes que les nouveaux développements dans le domaine ont commencé à prendre effet comme on peut le voir dans les ouvrages de I. Dafydd (1980) et de H. W. Owen (1997).

Cependant, des voix au Pays de Galles ont longtemps ambitionné – depuis les années 1930 pour être précis – d’émuler le modèle méthodique de la publication de collections toponymiques par comté semblable à celui établi par l’English Place-name Society (EPNS, ‘La Société anglaise des noms de lieux’), et bien que le Pays de Galles n’a pas une collection de matériaux de référence telle que celle assemblés par l’EPNS, c’est une tout autre question d’adhérer sans réserve à la présentation, la méthodologie et d’autres attributs préconisés par l’EPNS comme un modèle qui ne peut pas être amélioré. A l’heure actuelle [Note : écrit en 2004, mais avec les années 1990 en vue], la discipline de recherche toponymique en Angleterre se trouve plus agitée avec l’apparition bienvenue de nouveaux développements et débats.

[COMMENTAIRE SUPPLÉMENTAIRE DE 2015: Les deux derniers paragraphes donnent à croire que la discipline de la toponymie aurait avancé au gré de la publication de nouveaux ouvrages qui auraient développé la discipline pour englober des objectifs plus ambitieux. Malheureusement, la toponymie aujourd’hui est encore dominée par un ordre du jour limité à l’étymologie qui évite d’adopter une approche plus globale pour comprendre la dénomination de la topographie en tant que phénomène humain. Il faut admettre que la localisation méthodique de l’emplacement des noms de lieux a progressé assez bien dans les cercles toponymiques britanniques, mais l’incorporation d’enquêtes de terrain méthodiques chez les populations locales et la transcription phonétique méthodique des prononciations locales est encore largement ignorée et considérée de peu d’intérêt par la plupart des toponymistes. Le toponymiste archétype est une créature qui vit dans l’ombre des bibliothèques et des archives et ne s’aventure que rarement pour récolter le patrimoine toponymique plus intangible – mais ô, combien réel ! – qu’on trouve toujours parmi les populations locales pour quelques années à venir ...]

Compte-rendus & répliques

Anonyme 2001 (réplique à Anonyme 2001)

T. James 2005

R. Morgan 2005 (réplique à R. Morgan 2005)

S. Taylor 2006

S. Suggett 2006

addendums & rectificatifs

THE WELSH PERSONAL-NAME SYSTEM

2006b ‘The Welsh personal-name system: a survey of their evolution through the ages’, in Zunamen: Zeitschrift für Namenforschung tome 1 pp.147–74

DAS WALISISCHE PERSONENNAMENSYSTEM

2007c ‘Das walisische Personennamensystem’, in Andrea Brendler & Silvio Brendler (dir.) Europäische Personennamensysteme: Ein Handbuch (Série: Lehr- und Handbücher zur Onomastik 2), Hamburg: Baar, pp. 816–34

Une version légèrement abrégée de 2006b.

c.r. DICTIONARY OF THE PLACE-NAMES OF WALES (2007)

2009b Compte-rendu de Hywel Wyn Owen & Richard Morgan (2007) Dictionary of the Place-names of Wales. Llandysul: Gomer, in Archaeologia Cambrensis tome 156 pp.185–87

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CASGLU ENWAU LLEOEDD

2007b ‘Casglu enwau lleoedd’ (E. ‘Collectionner les noms de lieux’), sur le site web qui accompagna le série télévisée en 5 parties de BBC Wales ‘What’s in a Name? / Beth sy’ mewn Enw?’ (F. ‘Qu’il y a-t-il dans un nom?’, deux versions, anglaises et galloises), diffusées mai–juin 2007.

URL: www.bbc.co.uk/cymru/bethsymewnenw/sites/erthyglau/pages/prosiectau.shtml

Pour la durée de quelques années on pouvait voir deux de mes interviews télévisés traitant des noms de lieux sur la page BBC Wales ‘What’s in a Name?’, à savoir : ‘Betwsbledrwys’ et ‘Llanddewi Brefi’.

LLEFYDD A LLEOEDD

2010 ‘Llefydd a lleoedd’ (‘Lieux et lieux’) sur le site de Cymdeithas Enwau Lleoedd Cymru

URL: www.cymdeithasenwaulleoeddcymru.org/?page_id=158

Y TIRWEDD MUD

2011 ‘Y tirwedd mud: tir heb enwau’ (‘Le paysage muet: un pays sans noms’), in Y Naturiaethwr (2e série) no.28 pp.24–27

TOPONYMY AND LAND-USE IN THE DOETHÏE VALLEY

2009a ‘Toponymy and land-use in the uplands of the Doethïe valley (Cardiganshire)’, in Heather James & Patricia Moore (dir.) Carmarthenshire and Beyond: Studies in History and Archaeology in Memory of Terry James, Carmarthen: Carmarthenshire Antiquarian Society, pp.270–83

TRANSHUMANCE IN THE BRITISH ISLES …

2004d ‘Transhumance in the British Isles: decline or transformation?’ D. Gwyn L. Jones & I. Ll. Wmffre (co-auteurs) in Robert G. H. Bunce & Marta Pérez Soba & Rob H. G. Jongman & Antonio Gómez & Felix Herzog & Ingvild Austad (dir.) Transhumance and Biodiversity in European Mountains, Wageningen: IALE (International Association for Landscape Ecology), pp.69–89. Les actes de la Transhumount Review Conference tenu à Alcalá-de-Henares, Espagne, septembre 2003.

Les mouvements oscillatoires saisonniers de bétail accompagné par leurs bergers étaient courants dans une grande partie des Iles britanniques dans le XVIIe siècle, mais au début du XXe siècle, les mouvements des éleveurs eux-mêmes ont complètement cessé. Néanmoins, l’extrême saisonnalité de la croissance sur les pâturages semi naturels qui sous-tendent la transhumance est toujours un élément important des systèmes pastoraux sur les pâturages qui restent en friche. L’histoire de la transhumance est traitée, les raisons de son apparition et les facteurs qui ont conduit à sa transformation. Certaines lacunes dans les connaissances sur la transhumance dans le passé sont mises en évidence.

Aujourd’hui la transhumance peut être divisée pour la plus grande commodité en variétés à courte- et à longue-distance. Il est proposé ici que la transhumance à longue-distance pourrait être un développement moderne. Des exemples des deux types de transhumance de l’île de Skye en Ecosse sont présentés.

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LA TOPONYMIE ET L’ONOMASTIQUE BRETONNE

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LA LINGUOSOCIOLOGIE CELTIQUE

Quelques mots d'explication: La signification de la ‘linguosociologie’ est l'étude de la société selon des critères linguistiques et peut s'opposer à la 'sociolinguistique’ qui est l'étude de la langue selon des critères sociaux. L'usage abusif du terme ‘sociolinguistique’ en français comme en anglais pour deux disciplines pourtant bien distinctes est à regretter. Si la distinction faite ci-dessus n'est pas assez claire on pourrait comprendre que la ‘linguosociologie’ s'illustre par les travaux de Joshua Fishman tandis que la 'sociolinguistique’ s'illustre par les travaux de William Labov.

IDEOLOGY AND THE LEARNING OF CELTIC LANGUAGES

2006a ‘Ideology and the learning of Celtic languages’ in Fabio Mugnaini & Pádraig Ó Héalaí & Tok Thompson (dir.) The Past in the Present: a Multidisciplinary Approach, Catania: Edit, pp.235–57. Les actes de la conférence ‘The Past in the Present: Tradition in a Changing World’ du Groupe de Travail de Coimbra pour le Folklore et l’Ethnologie Européen tenu à la National University of Ireland, Galway, 23–25.09.2004.

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LEARNERS, NATIVE SPEAKERS AND THE AUTHENTICITY OF LANGUAGE

2004c ‘Learners, native speakers and the authenticity of language’ in Ullrich Kockel & Máiréad Nic Craith (dir.) Communicating Cultures, Münster: Lit, pp.149–75. Les actes de la conférence ‘Communicating Cultures’ tenu à Belfast, en juin 2002.

L’augmentation du nombre de personnes acquérant les langues celtiques à travers les systèmes éducatifs semble contredire le long et catastrophique déclin de ces langues aussi bien qu’offrant de l’espoir pour les nombreux passionnés de ces langues. Cependant, dans de nombreux cas, l’augmentation des acquisitions des langues celtiques par voie d’enseignement a conduit à l’émergence d’un groupe distinct d’« apprenants », faiblement associé à la société contemporaine des locuteurs natifs.

Cet article se concentre sur les différences linguistiques entre les apprenants et les locuteurs natifs en Bretagne, au Pays de Galles, en Irlande et en Ecosse, et examine les implications des différences linguistiques entre ces deux groupes. Un autre article, à paraître, discutera les idéologies contradictoires, les attitudes et les points de vue entourant le phénomène de l’« apprenant ».

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IS SOCIETAL BILINGUALISM SUSTAINABLE? ...

2001 ‘Is societal bilingualism sustainable?: reflections and indications from the Celtic countries’ in Helmut Eberhart & Ulrika Wolf-Knuts (dir.) Migration, Minorities, Compensation: Issues of Cultural Identity in Europe, Brussels: The Coimbra Group Working Party for Folklore and European Ethnology, pp.121–42

En Europe occidentale, un consensus s’est imposé que le bilinguisme est non seulement bon, mais souhaitable. Le objectif principal de cet article est d’analyser et de critiquer ce consensus. Cela est fait en définissant ce qu’on entend par le « bilinguisme », un terme qui se prête à l’ambiguïté, ainsi qu’en présentant des faits – à la fois sociétaux et historiques – pour illustrer le fonctionnement du « bilinguisme » de la frange celtique de l’Europe du nord-ouest (La Bretagne, la Cornouailles, le Pays de Galles, l’Irlande, l’Ile de Man, et l’Ecosse).

Nous espérons que la critique implicite dans le présent document sera le moyen de parvenir à une meilleure compréhension de la façon dont deux langues peuvent coexister et se révélera utile à ceux qui planifient les politiques linguistiques multilingues en suggérant des façons de procéder plus efficaces et moins gaspilleuses.

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URBAN CELTIC SUBCULTURES 1700–1850

2002a ‘Urban Celtic subcultures 1700–1850’ in Raingard Esser & Thomas Fuchs (dir.) Kulturmetropolen - Metropolenkultur: die Stadt als Kommunikationsraum in 18. Jahrhundert, Berlin: BWV, pp.29–58

Le but de cet article est de mettre en évidence certains faits nouveaux concernant les minorités celtiques ethniques dans les environnements urbains étrangers avant l’apparition rapide de la croissance industrielle qui a changé le caractère de l’Europe dans la période suivant 1750. En partie à cause des contraintes des sources, mais aussi du fait que la France a éprouvé les effets de la révolution industrielle une centaine d’années plus tard que la Grande-Bretagne, le témoignage relatif aux Bretons à Paris est suivi jusqu’en 1900. En dépit de cette date ultérieure, nous espérons que la complémentarité de l’expérience des Bretons à celle que les autres Celtes ont connu en Grande-Bretagne l’emporte sur des considérations strictement temporelles. La rareté générale d’évidence relative à l’expérience des Celtes dominés décrivant leur adaptation au nouvel environnement de la ville signifie que des preuves de toutes les époques est utile. Cependant, j’ai choisi d’étudier plus en détail la période allant de 1700 à 1850 environ, justifiant le terminus ad quem quelque peu subjectif par l’établissement de réseaux ferroviaires, de l’éducation universelle, et de l’accélération des effets sociaux dus au progrès technologique.

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c.r. WELSH DICTIONARIES IN THE TWENTIETH CENTURY (2003, 2nd edn)

2006c Compte-rendu poussée de Sabine Heinz (2003, 2e edn) Welsh Dictionaries in the Twentieth Century: a Critical Analysis, München: Lincom Europa, in Journal of Celtic Linguistics tome 10 pp.121–37

IWERDDON A CHYMRU

1991 ‘Iwerddon a Chymru’ (‘L’Irlande et le Pays de Galles’) in Tafod y Ddraig n.231 pp.15–16.

Une étude comparative de la situation des langues irlandaises et galloises qui souligne que, contrairement à la perception commune au Pays de Galles, la baisse du nombre de personnes parlant le gallois était plus accentuée que celui des locuteurs natifs irlandais au cours du XXe siècle.

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L’HISTOIRE ANCIENNE ET MEDIEVALE

POST-ROMAN IRISH SETTLEMENT IN WALES ...

2007b ‘Post-Roman Irish settlements in Wales: new insights from a recent study of Cardiganshire place-names’, in Karen Jankulak & Jonathan Wooding (dir), Ireland and Wales in the Middle Ages, Dublin: Four Courts Press, pp.46–61

Cet article reprend le travail historique et les traditions folkloriques touchant les colonies irlandaises au Pays de Galles tout au long des Ve et des VIe siècles. Il va ensuite discuter l’évidence toponymique en plus de détail. Sa conclusion est qu’il n’y a pas de noms de lieux irlandais en tant que soi au Pays de Galles, et que les éléments de noms de lieux dans ce pays supposés être irlandais (tels que cnwc et meudr) ne sont pas assurément irlandais. En outre, après avoir traité le concept de « co-équivalence phonologique » entre langues en contact, il est clairement démontré que cnwc ne peut pas être contemporain avec la période de la colonisation irlandaise, et si le mot est irlandais, il doit être un emprunt sensiblement plus tardif. Ainsi, la conclusion générale est que le témoignage des noms de lieux gallois ne peut pas révéler le schéma de la colonisation irlandaise de ce pays au début du Moyen Age.

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PENRHYN BLATHAON ...

2004b ‘Penrhyn Blathaon ac amgyffred yr hen Gymry o eithafion gogledd Prydain’ (‘Le promontoire de Blathaon et la connaissance des extrémités septentrionales de la Grande Bretagne chez les Gallois médiévaux’) in Studia Celtica tome 38 pp.59–68.

Cet article traite de la forme et de l’étymologie de Blathaon, le nom gallois de la pointe située à l’extrême nord de la Grande-Bretagne. Il est soutenu que la forme sous-jacente de ce nom est très ancienne. Il semblerait que la forme originale de ce toponyme était Balawon (Balaon dans ‘Le Livre de Taliesin’ p. 70 l. 22) et que cela correspondait sémantiquement au nom gaélique écossais Cataibh (E. Caithness) et l’a, en fait, précédé.

En outre, l’explication de la forme Blathaon jette plus de lumière sur la façon dont des traditions ont fait chemin dans le corpus existant de la littérature du moyen-gallois, appuyant les suggestions déjà avancées par d’autres spécialistes comme Graham Isaac (1991) et Helen McKee (2000). Le principal argument de l’article montre comment les traditions galloises du Moyen Âge contiennent du matériel réel authentique qui concerne la période quand une forme plus archaïque de la langue galloise était parlée dans toute la Grande-Bretagne.

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MYNYDAWC – RULER OF EDINBURGH?

2002b ‘Mynydawc – ruler of Edinburgh?’, in Studi Celtici tome 1 pp.83–105

Avec un nombre croissant de commentateurs en ce qui concerne le poème du Gododdin (1990 G. R. Isaac; 1993, 1997 J. T. Koch) cet article remet en question la désormais traditionnelle attribution de Mynydawc comme roi ou souverain d’Edimbourg. Mais, contrairement aux deux auteurs précités, l’auteur voudrait proposer, comme explication possible, l’hypothèse que Mynydawc dans le Gododdin est une référence au Dieu chrétien. Alors que la dérivation formelle de Mynydawc (gall.-mod. mynyddog ‘montagneux’) est très simple, la sémantique dans le contexte du poème ne l’est pas. Comme la littérature galloise contemporaine comparable au Gododdin est rare, pour en dire le moins, l’auteur pense qu’il ne serait pas surprenant que des allusions à Dieu avec l’épithète Mynydawc pourraient être entièrement limitées au Gododdin dans la littérature galloise existante.

L’article rassemble des matériaux qui permettront – l’auteur l’espère – d’avancer des conclusions plus solides quant à la signification possible de Mynydawc, un nom donné à une époque très éloignée de la nôtre. Dans la suite de l’argument, l’article met en évidence un aspect des inscriptions précoces du Bas Moyen Âge en Grande Bretagne que l’auteur sent avoir été ignoré ou tout au moins n’a pas été suffisamment souligné; à savoir, entre autres, l’interprétation concernant la pierre inscrite VOTEPORIGIS PROTECTORIS.

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c.r. THE CELTIC ROOTS OF ENGLISH (2002)

2007g Compte-rendu of Markku Filpulla & Juhani Klemola & Heli Pitkänen (dir.) (2002) The Celtic Roots of English, Joensuu: University of Joensuu, Faculty of Humanities, in Zeitschrift für celtische Philologie tome 55 pp.308–14

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c.r. GWAITH HYWEL SWRDWAL A’I DEULU (2000)

2004e Compte-rendu de Dylan Foster Evans (2000) Gwaith Hywel Swrdwal a’i Deulu, Aberystwyth: Canolfan Uwchefrydiau Cymreig a Cheltaidd Prifysgol Cymru, in Zeitschrift für celtische Philologie tome 54 pp.290–93

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SUJETS LITTERAIRES CELTIQUES

KOROLL AN ANKOU

1998c Koroll an Ankou, Brest: Brud Nevez – Emgleo Breiz (141 pp). Une traduction en breton du livre gallois Y Ddawns Angau (‘La dance macabre’) (1940) par W. Ambrose Bebb.

William Ambrose Bebb (1894–1955), membre fondateur du Parti nationaliste gallois, fût un éminent lettré gallois pendant la période de l’entre-deux-guerres qui avait connu la France et la Bretagne pendant un séjour de cinq ans à Paris dans les années 1920–1925. Cette période formative l’a vu devenir familier avec de nombreux chefs de file du mouvement culturel et politique breton renaissant de l’entre-deux-guerres. Il a écrit de nombreux articles sur la situation contemporaine en Bretagne dont deux livres Llydaw (‘La Bretagne’) (1929) et Pererindodau (‘Pèlerinages’) (1941).

Mais il y a un autre livre, plus court, Y Ddawns Angau, publié en 1940, qui constitue sans doute sa contribution la plus mémorable à la littérature galloise. Dans le contexte de la littérature galloise ce livre est révolutionnaire à la fois pour être un reportage d’événements européens contemporains passionnants et pour avoir pris la forme d’un journal intime (quoique avec des prétentions littéraires). Le sujet est une courte visite par l’auteur à la Bretagne dans la quinzaine qui précéda la déclaration de guerre contre l’Allemagne en 1939. Pendant cette période il accomplit un tour complet de la Bretagne, rendant visite à plusieurs nationalistes bretons éminents aussi bien que des activistes culturels (dont deux d’entre eux fuiront en direction de l’Allemagne quatre jours après que Bebb les rencontra et peu de temps après se trouvèrent condamnés à mort par contumace par le gouvernement français).

Cette traduction en breton contient une préface précisant les antécédents de Bebb et ses relations avec la Bretagne depuis 1920, suivie d’un essai concernant ce qui arriva à beaucoup des gens que Bebb avait recontré. La guerre rendit impossible la communication entre le Pays le Galles et la Bretagne jusqu’à la cessation des hostilités, mais les années de l’occupation allemande conduiront à une scission dans le mouvement breton qui n’avait pas complètement dépassé, même cinquante ans après. Malheureusement, Bebb, conscient des tensions que la guerre avait soulevées dans ce pays, ne revint jamais en Bretagne. Il était considéré comme traître par nombre de nationalistes bretons puisque le contenu de Y Ddawns Angaufut utilisé pour discréditer le Parti nationaliste breton pendant la guerre et même comme preuve contre certains nationalistes après la fin des hostilités.

En dépit des critiques ce livre a pu s’attirer sur lui, c’est un récit bien écrit que nous présente Bebb avec des portraits charmants de la Bretagne et de la France avec des représentations franches et révélatrices de la façon dont beaucoup de Bretons (aussi bien militants que non militants), de Français et de Britanniques ont réagi à un moment crucial de la guerre 1939–1945 qui s’annonçait.

MARWOLAETH AWDUR

2002c ‘Marwolaeth Awdur’ & ‘Llenor Llydaweg’, dans le mensuel littéraire Taliesin n.115 pp.48–65. Une traduction en gallois de la nouvelle bretonne ‘Maro eur Skrivagner’ (1998) par Mikael Madeg.

Une histoire courte originale qui révèle les difficultés rencontrées par un écrivain créatif qui écrit pour ne recevoir aucune réaction (positive ou négative) et particulièrement approprié pour écrivains bretons, tels que Mikael Madeg, qui doivent composer avec un taux d’alphabétisation minuscule parmi la minorité de locuteurs natifs du breton en Bretagne.

La traduction est accompagnée d’un entretien composite intitulé ‘Llenor Llydaweg’ (‘Un auteur breton’) qui donne les antécédents de Madeg et ses opinions sur la littérature bretonne.

AR ZONER HAG AR GORNANDONED

1988 ‘Ar zoner hag ar gornandoned’, dans le mensuel littéraire Brud Nevez n.111 pp.48–50. Une traduction en breton d’un conte breton publié en français.

AR LEO-DREZ & GOUEL AN OLLZENT

1987 ‘Ar Leo-Drez’ & ‘Gouel an Ollzent’, dans le mensuel littéraire Brud Nevez n.106 pp.40–44, n.108 pp.34–37. Traductions en breton de contes bretons publiés en français.

à paraître CYNI’R GWYDDYL

Cyni’r Gwyddyl (‘Les misères des Gaéls’). Une traduction d'An Béal Bocht (litt. ‘La Pauvre Bouche’, fig. ‘Le Pleure Misère’) (1941) par Myles na gCopaleen (Brian Ó Nualláin de son nom véritable mais mieux connu sous le pseudonyme Flann O’Brien).

An Béal Bocht est un exposé désopilant et magistral qui parodie l’image d’Épinal romancée de la vie traditionnelle de l’ouest de l’Irlande qui fit surface avec les renouveaux littéraires gaéliques et anglo-irlandais vers la fin du XIXe siècle. Dans une série de neuf chapitres nous suivons le développement de la vie misérable de Bonapart Ó Cúnasa et de sa société qui pâtissent d’une sempiternelle souffrance.

Bien qu’ayant été traduit convenablement dans de nombreuses langues européennes (pour la plupart suivant la traduction en anglais de 1973 par Patrick Power) l’humour et la style du livre sont indélébilement liées à la langue et de la culture traditionnelle gaéliques de sorte que, comme la poésie, il perd beaucoup dans la traduction. Afin de préserver autant que possible l’authenticité, cette traduction a été faite directement à partir de l’œuvre originale en gaélique irlandais.

An Béal Bocht constitue une entrée idéale pour quiconque veut découvrir le riche débat qui concerne la préservation de la culture irlandaise indigène dans un monde de plus en plus anglicisé, car, outre qu’il constitue une série impitoyable d’aiguillonnements humoristiques sur des « bons sauvages » romancés, il laisse entendre aussi des critiques torrides de la façon dont les locuteurs gaéliques indigènes ont été traités comme animaux par la politique unilingue anglaise de gouvernements successifs. Un long essai annexe traite les intentions de l’auteur ainsi que le contexte historique, culturel et socio-économique dans lequel les locuteurs gaéliques se sont retrouvés dans une Irlande anglicisée à partir du milieu du XIXe siècle et qui touche à d’importantes questions relatives à l’identité nationale irlandaise.

AN BÉAL BOCHT: A CRITIQUE OF IRISH NATIONALISM …

2007d ‘An Béal Bocht: a critique of Irish nationalism, Irish-language literature and the people of the Gaeltacht?’ in Jan Erik Rekdal & Ailbhe Ó Corráin (dir) Proceedings of the Eighth Symposium of Societas Celtologica Nordica, Uppsala: Uppsala Universitet, pp.275–84. Actes d’un symposium tenu à la Norsk Norske Videnskaps-Akademi, Oslo, 06–07.05.2005.

Un abrégé en anglais de l’essai original en gallois qui accompagne la traduction galloise d’An Béal Bocht (voir Cyni'r Gwyddyl, ci-dessus).

c.r. THE BRAHAN SEER (2009)

2013d Compte-rendu d'Alex Sutherland (2009) The Brahan Seer: The Making of a Legend, Oxford: Peter Lang, in Anthropological Journal of European Cultures tome 22 p.133.